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Suspense insoutenable

le remaniement gouvernemental, annoncé de longue date, a enfin eu lieu. Après que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ait annoncé lui-même la non-surprise de son départ pour la présidence du Conseil constitutionnel, le remaniement a été annoncé par communiqué (relayé par l’Elysée sur les réseaux sociaux et comportant encore les traits rouges du correcteur orthographique, signe de précipitation) et non par une déclaration du secrétaire général de l’Elysée sur le perron du château, comme il est de tradition.

Rendu nécessaire par le changement de fonction de Laurent Fabius ainsi que par le départ annoncé de la secrétaire d’Etat au logement Sylvia Pinel (PRG), élue en décembre conseillère régionale en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, ce remaniement n’en était pas moins délicat pour François Hollande. Sauf imprévu, c’est en effet avec l’équipe nouvellement créée que François Hollande terminera son quinquennat, et le cas échéant, abordera l’élection présidentielle en 2017. Le but était donc d’élargir une équipe qui s’était resserrée au fil des remaniements passés sur la seule ligne valssienne. Une gageure qui semblait mal engagée, avec la démission de Christiane Taubira, dernier symbole « de gauche » au sein du gouvernement, puis les refus publics de Nicolas Hulot et de Martine Aubry.
 
Ecologistes débauchés
C’est une mission pourtant partiellement accomplie, puisqu’Emmanuelle Cosse, patronne d’Europe-écologie- les Verts fait son entrée au gouvernement. Mais son parti a déjà prévu de l’exclure (lire page suivante). Deux autres écologistes – qui attendaient depuis longtemps d’être appelés- font aussi partie de la liste (Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé), mais eux étaient déjà en rupture avec leur parti. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) rejoint lui aussi l’équipe Valls en charge de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, mais sans changer quoi que ce soit aux équilibres, puisqu’il compense le départ de Sylvia Pinel. Son arrivée n’en pose pas moins de questions, puisque Baylet défend l’existence de l’échelon départemental, alors que Manuel Valls prépare sa fin.
 
la prime à la servitude
Pour le reste, le remaniement récompense surtout des fidèles du président : Juliette Méadel, porte-parole du PS et ancienne directrice de la fondation Terra Nova ; la députée réunionnaise Ericka Bareigts, ou encore Audrey Azoulay, conseillère culture à l’Elysée, qui aura désormais ce dossier en charge rue de Vallois, en remplacement de Fleur Pellerin. Il faut tout de même souligner le retour notable de Jean-Marc Ayrault. Le premier occupant de Matignon du quinquennat, longtemps très proche de François Hollande mais qui avait quitté le gouvernement quelque peu brouillé suite à des arbitrages défavorables, revient cette fois-ci au Quai d’Orsay, sous la férule de son ancien ministre de l’Intérieur (une première dans l’histoire de la Ve République), mais avec un rang protocolaire de numéro 2 du gouvernement. La tension de sa relation avec Manuel Valls n’est pourtant un secret pour personne. Cela explique peut-être pourquoi l’ancien maire de Nantes n’a pas bronché durant le débat sur la déchéance de nationalité en début de semaine, lui qui s’y était bruyamment opposé dans la presse.
 
Cap libéral maintenu
Riche de contradictions, cette nouvelle équipe gouvernementale laisse présager une fin de quinquennat d’inaction. Elle n’a en tous cas visiblement pas été conçue pour mener de nouvelles réformes, encore moins pour « infléchir » la ligne. Ce n’est pas vraiment une surprise pour le député socialiste « frondeur » Pouria Amirshahi, qui avait twitté plus tôt : « Je me contrefous du remaniement qui ne va rien changer à une feuille de route fondée sur l’ordre et un libéralisme zombie. » Un sentiment que partage Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF pour qui il s’agit d’« un remaniement pour rien. Des petits calculs pour faire oublier la grande absente de ce casting : la gauche. » Pour rien ? Peut-être pas tout à fait : il permet le retour au Sénat du communiste Bernard Véra à la faveur de la nomination de Jean-Vincent Placé. EELV, par contre risque d’y perdre son groupe, ne comptant plus que 14 sénateurs alors que le minimum est fixé à 15.
 

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